L’auto-coaching par le tarot psychologique : quels sont les risques ?
Le tarot psychologique est souvent présenté comme un outil de développement personnel permettant de mieux se comprendre, d’explorer ses émotions ou de réfléchir à ses blocages.
Inspiré des travaux de Carl Gustav Jung, de Alejandro Jodorowsky ou encore de Denise Roussel, il repose sur l’idée que les symboles des cartes agissent comme un miroir de l’inconscient.
Beaucoup de personnes utilisent aujourd’hui le tarot seules, dans une logique d’auto-coaching. Pourtant, mal encadrée, cette pratique comporte plusieurs risques.
Le premier danger est la projection. Lorsque nous tirons les cartes sasn un cadre clair, nous avons naturellement tendance à y voir nos propres peurs, désirs ou préoccupations du moment. Le tarot peut alors devenir un outil qui confirme ce que l’on pense déjà au lieu d’ouvrir une vraie réflexion.
Un autre risque est la surinterprétation. Comme le propre d’un jeu de Tarot est d’être symbolique et ouvert à l’interprétation, certaines personnes finissent par chercher des messages partout : dans chaque événement, relation ou émotion. À force d’analyser tous les détails de sa vie à travers le tarot, on peut perdre le recul nécessaire et créer davantage de confusion mentale.
L’auto-coaching par le tarot peut aussi enfermer dans des étiquettes psychologiques. Certaines personnes finissent par se définir à travers les arcanes : « je suis une Lune », donc une personne confuse émotionnellement ; « je suis bloqué dans la Tour », donc condamné à vivre des crises ; « je suis toujours le Pendu », donc celui incapable d’agir. Pourtant, une carte représente un état passager ou une dynamique, pas une identité fixe.
Il existe également un risque de dépendance. Certaines personnes n’osent plus prendre de décision sans consulter leurs cartes. Petit à petit, la confiance en leur propre jugement diminue.
C’est justement pour éviter ces dérives qu’un cadre méthodologique et éthique est essentiel. Dans ma formation, l’objectif n’est pas de “faire parler les cartes” à tout prix, mais d’apprendre à travailler avec elles de manière structurée et responsable et qui corresponde à chcun des participants. Ils apprennent ainsi à déjouer leurs biais de confirmation, leurs projections émotionnelles et les interprétations influencées par leurs peurs.
Je leur transmets des balises concrètes afin d’éviter les débordements émotionnels ou les conclusions hâtives. Le cadre que j’enseigne permet de développer l’intuition sans tomber dans l’imaginaire excessif. L’idée n’est pas de bloquer l’intuition, mais de lui offrir une structure solide pour qu’elle puisse s’exprimer avec plus de clarté et de justesse.
Les participants apprennent également à repérer certains pièges fréquents : tirer les cartes en boucle jusqu’à obtenir une réponse rassurante, chercher dans le tarot une validation émotionnelle constante ou interpréter chaque difficulté comme un “signe”.
L’idée centrale du tarot psychologique est intéressante : les symboles peuvent aider à mieux comprendre certaines dimensions de soi. Mais pour que cette pratique reste constructive, elle doit s’inscrire dans un cadre clair, éthique et conscient, autant d’ingrédients cruciaux à la bonne réalisation de notre recette personnelle de connaissance de soi.
